TIA : This Is Africa…

S’il est une expression qu’on entend tout le temps en voyageant en Afrique, c’est bien celle-là : This Is Africa.

Attention, ça n’a rien à voir avec la chanson de Shakira, Waka waka (this is Africa) hein ?

Vous roulez tranquillement sur la piste, puis le trafic est bloqué car le pont est tombé depuis 5 jours : This is Africa
Vous êtes dans une auberge de jeunesse car vous rêvez depuis des jours à une douche chaude, mais y’a pas d’eau chaude car y’a pas d’électricité depuis le matin : This is Africa
Vous êtes à la frontière, vous comprenez rien aux formulaires, et de toute façon, les douaniers en face de vous ne savent pas quoi faire de votre moto immatriculée en France : This is Africa

Bref, on l’aura compris, l’Afrique…c’est l’Afrique 🙂

Mais loin de tous les préjugés qu’on pourrait avoir sur ce continent, c’est avant tout un endroit formidable, LA terre par excellence des voyageurs depuis toujours, notre origine commune à tous.

Alors oui, partir en Afrique ça se prépare un peu, et ça demande peut-être aussi un peu d’expérience. J’étais très content d’avoir eu l’expérience de nos voyages précédents avant celui-là. En effet, l’Afrique est hostile sur certains points : les animaux, gros ou petits, les insectes et moustiques…

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Est-ce le fait d’être en moto et non plus en Defender qui fait que mon ressenti a été différent ? C’est vrai que quand on dort à même le sol, on est plus sensible à la faune et flore. Se réveiller et entendre des scorpions qui grattent sous la tente, replier cette dernière et découvrir, en dessous, des dizaines de ces charmantes petites bestioles, c’est pas toujours très drôle et rassurant (et c’est pire quand on en a un dans la tente).
Mais le fait d’être à moto, seul, ouvre aussi énormément de portes. Le contact avec les gens est plus facile, car on est déjà dehors. Combien de personnes m’ont invité à boire, à manger, à partager un moment avec eux ? On discute, comme on peut, en anglais, en swahili, avec quelques mots d’éthiopien ou d’arabe, pour toujours arriver à la même conclusion : en Occident, on a peut-être plein de choses, matérielles pour la plupart, mais eux, en Afrique, ils ont les relations humaines avant-tout. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, tous ne rêvent pas de partir vers la France ou l’Europe, ils en ont une belle image certes, mais nos moeurs, nos gueules d’enterrement dans le métro et l’absence de réelle relations humaines simples leur fait préférer l’Afrique, et je les comprends.

On peut penser que l’Afrique est dangereuse, et pourtant, un petit bonhomme sur une moto trop grande pour lui peut la traverser sans jamais avoir été en danger. Le seul danger a été d’accepter les sollicitations pour partager des moments conviviaux, répondre aux interviews de journalistes, boire et rire avec des parfaits inconnus, mais qui au bout de quelques minutes à peine vous considèrent comme un cousin, un frère, sans rien demander en échange. Est-ce que ma gueule passe-partout rend aussi les choses différentes ? « Tu es moitié africain, moitié chinois, moitié blanc, bienvenue chez toi ! » me dira un tanzanien, qui a visiblement quelques lacunes en maths, mais qui sait accueillir les inconnus.

Alors oui, il y a des zones dangereuses en Afrique, mais comme partout. Un continent, un pays, n’est pas entièrement dangereux car dans une partie de ces derniers il y a des conflits. La France est-elle entièrement dangereuse car il y a eu des attentats à Paris ?

Finalement, le vrai voyage, c’est celui qui mélange des paysages magnifiques, une Histoire passionnante, des rencontres intenses…

Depuis la début de notre projet Autour du Monde, quand nous avions imaginé notre voyage en 2010, nous avions voulu découvrir la Russie, la Mongolie, l’Asie Centrale, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’ouest. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, vous avez pu voir nos changements de plans, liés à des événements imprévisibles. Problèmes de santé et de sécurité, conflits géo-politiques, pannes mécaniques…Tout cela nous a amenés à clore ce chapitre de façon totalement différente : seul, à moto, et en Afrique de l’est. Mais c’est tout de même avec un immense plaisir que j’ai arpenté, une dernière fois pour ce projet, de nouvelles routes…

Alors non, Auton(h)ome, c’est pas terminé. Un chapitre vient de se clore, mais le livre n’est pas fini…

N’ayez pas peur de l’Afrique, allez-y, prenez le temps de la découvrir, imprégnez-vous, et aimez là !

Merci, et à bientôt !

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