La course aux visas : le Kénya

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Si y’a un truc dont on parle rarement dans les reportages ou récits de voyage c’est bien ça : les visas.
C’est sûr que c’est moins glamour de raconter qu’on a passé son temps dans des ambassades plutôt qu’à piloter sa moto au milieu du désert pour aller rencontrer une tribu au fin fond du trou du c.. du monde.
Pourtant, c’est la réalité qui fait partie d’un voyage.

À peine la frontière franchie, je me dirige vers la capitale kényane…

Précis'Hyon
Si j’en crois ce que je lis sur internet, les ancêtre des visas sont apparus dans l’antiquité déjà, pour le transports des marchandises. Les perses au Vème siècles délivraient des « sauf-conduits » aux messagers qui parcouraient leur territoire. Louis XIV délivraient des « passes-ports » car les déplacements se faisaient par voie maritime ! 

Nairobi

Ma première mission à Nairobi : mon visa soudanais.
Ayant mon propre véhicule, je décide de ne pas prendre de taxi, les bus étant inexistants dans cette zone de Nairobi.
Alors là, accrochez-vous. Si vous pensez que la circulation parisienne est dense et dangereuse pour les 2-roues, faites un stage à Nairobi ! C’est très simple : en moto, il n’y a aucune règle. On ne respecte ni les priorités, ni les feux, ni les agents de police qui tentent de faire la circulation. Une seule règle : il faut toujours être en mouvement, ne jamais s’arrêter.
Ce qui donne un festival n’importe quoi, où on slalome entre les voitures, bus et camions dans un joyeux bordel totalement désorganisé. Oubliez rétro-cligno-angles morts et foncez, c’est tout. C’est sportif, ou suicidaire, je sais pas trop, mais après avoir parcouru près de 300km dans la ville, on s’y fait…

Et concernant les visas... Soyez patients (et véhiculés). Pour le visa saoudien, je suis allé demander le premier jour ce qu’il me fallait. Il fallait une lettre de l’ambassade de France, donc j’y suis allé. Les ambassades étant fermées les après-midi, je retourne le jour suivant à l’ambassade du Soudan. Sauf qu’une des photocopie ne va pas, celle du Carnet de Passage pour la moto, donc retour à la case départ pour refaire une copie. De retour à l’ambassade une heure plus tard, ils ont perdu mes photos d’identité ! J’attends encore une heure qu’ils les retrouvent. Au bout d’une heure, on me dit que la lettre de l’ambassade de France est incomplète : elle doit stipuler que je souhaite aller au Soudan pour du tourisme et non pas juste dire que je souhaite aller au Soudan tout court. Pour 2 mots manquants, mon dossier est refusé. Donc retour à l’ambassade de France, mais on est vendredi, c’est fermé…
Du coup,  j’y retourne lundi pour avoir une nouvelle lettre. Comme je suis pas loin de l’ambassade de Jordanie (pas loin en distance, en temps, avec les bouchons, c’est relatif) je décide d’y aller pour mon visa jordanien.
Déjà, c’est pas une ambassade, mais un consulat, ensuite le consulat est en fait un bureau dans un immeuble où rien n’est indiqué. Tout ça pour me dire qu’en fait, ici, on donne pas de visa, c’est en Afrique du Sud qu’il faut demander, pis comme je suis français ils ne savent pas la procédure. Bon, échec.
Puis comme je  suis, relativement, pas loin de l’ambassade d’Arabie saoudite, je décide d’y aller.
Oui, en fait, par rapport au tracé initial qui devait me faire traverser l’Égypte, il y a eu du changement. En effet, l’Égypte n’autorise plus les motos étrangères à embarquer sur des bateaux en direction de l’Europe ou à traverser la péninsule du Sinaï vers Israël ou la Jordanie. Donc pour sortir d’Afrique, la seule solution c’est l’Arabie saoudite
Mais à l’ambassade, on m’informe que je suis trop loin de l’Arabie pour faire ma demande de visa (visa de transit), il faut le faire à Khartoum, Soudan. Tout ça pour ça.
Enfin, retour à l’ambassade du Soudan. Mon dossier est accepté, il faut repasser le lendemain pour récupérer mon passeport avec le visa.
Voilà pourquoi j’ai fait presque 300km à Nairobi, avec tous ces allers-retours !

Mais à Nairobi, il existe un lieu parfait pour les voyageurs, loin du tumulte de la ville…

Jungle junction

Jungle junction, c’est LE lieu connu de tous les Overlanders en Afrique. Vous ne pouvez pas voyager en Afrique de l’est sans faire un stop là-bas !
Situé dans le sud de Nairobi, c’est un cadre idéal pour poser sa tente à bon prix, et faire de super rencontres.

Ça fait plaisir de croiser et parler avec d’autres voyageurs, ça permet d’échanger nos expériences et bons plans !
Et puis pour une fois, ils sont jeunes !

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Max et Paula, lui est anglais, elle est sud-africaine (mais a aussi un passeport autrichien). Ils vivaient en Angleterre, puis ont décidé de s’installer au Cap en Afrique du Sud. Ils ont donc envoyé leur voiture d’Angleterre et ils voyagent en Afrique avant de se poser.

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Harley et Emily. Alors là, même sans le dire, je suis sûr que vous pouvez deviner d’où ils viennent…
Lui est néo-zélandais et elle est suédoise. Non vraiment, quand on les voit en vrai, c’est vraiment le cliché qu’on se fait de leur pays.
Ils vivaient en Nouvelle-Zélande puis ils ont décidé de déménager en Suède. Ils ont donc acheté leur Def au Cap, Afrique du Sud, et ils remontent vers la Suède. Logique. Enfin tout aussi logique que mon Bordeaux-Lausanne. Faut croire que toutes les routes passent par le Cap…

Et je retrouve Crawford, un américain avec qui je suis en contact depuis plusieurs mois. On aurait du rouler ensemble au départ, on devait être 4. Mais le premier est tombé en panne et a du faire demi-tour vers l’Afrique du Sud, il abandonne, le deuxième est finalement parti vers le Rwanda et le troisième, Crawford donc, est lui aussi en panne…

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Il déplace sa moto depuis la Tanzanie au gré de camions qui veulent bien l’embarquer.
Il voulait arriver à Jungle junction rapidement car sa fille venait pour les fêtes de Noël, et parce que JJ c’est le lieu idéal pour réparer les soucis mécaniques.
Il y a sur place un atelier moto tout équipé, et des mécanos auto et moto !

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Ça aurait été le lieu idéal pour que Lasty tombe en panne, mais non, elle n’a rien. J’espère que ça continuera ainsi.

Bref, pour les Overlanders en Afrique, on a un point près du Cap en Afrique du Sud, similaire au Jungle Junction, et ici à Nairobi, au milieu de l’Afrique. C’est parfait pour la logistique mécanique ! L’Afrique est LA terre de voyage par excellence depuis très longtemps…

Bon, une fois les formalités faites, je reprends ma route après une semaine posé. C’est jamais bon de se poser car on devient fainéant et on a la flemme de partir…

En remontant le Kénya

Du coup, mes étapes routières sont courtes car j’ai perdu le rythme et la circulation est plus que dense ici !
Je me dirige vers le Mont Kénya. Évidemment, le goudron laisse vite place à la piste une fois dans le parc

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Malheureusement pour moi, le climat au Kénya n’est pas des plus clément ! Depuis Nairobi, je me prends des trombes d’eau, dépassant largement les limites de ma tente (bref c’est une piscine) et au Mont Kénya, ça continue de la même façon. Je voulais marcher, je laisse tomber, marre d’être mouillé.

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Là en fond, le Mont Kénya… Mais on voit rien il fait moche…

Du coup, je passe plus de temps à discuter avec des Kenyans. Toujours très sympas avec moi.

Alors que j’allais passer la nuit dans une ferme, je tombe sur un mariage, normal, on est samedi.
Et là, ça enchaine : on m’incite à boire et à manger, on me présente du monde et le père de la mariée veut me marier avec son autre fille.

Précis'Hyon
Je suis un peu loin pour poser mon véto, mais je le dis quand même …

Un mariage kényan c’est un truc énorme : y’a environ 300 personnes, dont la moitié qui connaissent pas les mariés. Mais ya de la bouffe pour 3000 de toute façon…

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Durant tout l’après-midi, les mariés enchaînent danses, discours, etc…un vrai spectacle !

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Et le soir la fête continue, au rythme de la musique… Autant dire que j’ai pas bcp dormi ce soir là

Et en poussant vers le nord, tout change, d’un coup, brusquement. Les paysages, les gens, j’ai l’impression d’avoir changé de pays !

Un point important du voyage : je reviens dans l’hémisphère nord !

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Donc, tout change…
La route, pour commencer. C’est la route principale, mais pas de goudron…

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Pourtant, tous les 500m, un panneau indique que l’Europe finance les travaux…ils devraient aussi contrôler l’avancement peut-être ?

Puis les paysage sont africains, comme on l’imagine…

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Et de plus en plus désertiques… Et un signe qui montre qu’on est en zone désertique ou semi désertique : les dromadaires !

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Puis d’un coup, alors qu’on était en pleine savane, on se croirait en Auvergne : des paysages volcaniques !

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Autour de Marsabit, chaque colline est en fait un cratère ! Et il y en a partout ! Le seul truc qui rappelle qu’on n’est pas en Auvergne, c’est les habitants…

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Ils ont l’air aussi auvergnats que moi…

Et puis finalement, on replonge dans le désert, mais au moins, la route ici est bonne ! Les chinois avancent plus vite que les européens sur la construction…

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Je préfère traverser des déserts goudronnés car sinon j’y serai encore ! Par 40°C c’est pas drôle le bitume déjà, alors faire que de la piste, c’est le coup à y rester ! Je suis pas un pilote du Dakar, je suis juste un voyageur (et encore le soir eux ils ont tout le confort…moi j’ai juste ma petite tente…)

J’ai volontairement zappé les parcs et attractions touristiques au Kénya. D’une part, j’ai déjà pu voir les animaux dans les parcs précédemment et ensuite les prix ici sont totalement démentiels ! J’ai plutôt axé ma traversée du pays sur la rencontre des gens et en apprendre plus sur leur vie, qu’ils soient locaux, expat, voyageurs ou autre…
Je crois qu’un voyage en moto c’est plus ça : parce qu’on est facilement au contact des gens, ils viennent échanger plus facilement…

18 thoughts on “La course aux visas : le Kénya

  1. Prem’s , prem’s . Si tu ne fais rien non plus , c’est facile

    Ah , le mariage à Nairobi se passe le samedi , contrairement à Bamako où c’est le dimanche ?

    Cette tente ne tiendra pas jusqu’à la fin . Il faut souhaiter que la pluie se raréfie en remontant vers l’ hémisphère nord .

    Bonne continuation , fiston !!! .

    1. Bah on peut plus dire que tu as trop de boulot pourtant…

      Qu’elle tienne ou pas, la tente ira au bout du voyage ! J’en changerai pas car celle là passe bien dans mes sacs

  2. bon alors tu l’a epouse la 2eme fille ou pas? tu aurais pu la ramener en france, ça t’aurais fais un joli souvenir ,ha ha ha , mdr bonne continuation.

  3. Sympa ton récit. Nous y étions il y a quelque mois.Nous avons fait le tour de l’Afrique durant 2ans. On vient de rentrer en France.Profite de ce beau voyage, de ces belles rencontres…Ça nous manque déjà…. Juste un conseil, n’oublie pas de faire un permis de voyager au Soudan à Khartoum,ça t’evitera de faire demi tour comme nous. Bon trip.Jo et JP.

    1. Vi les papiers étaient prévues à Khartoum 😉 on dirait pas comme ça, mais nos aventures sont planifiées avec précisions, je suis un peu un fou de la plannif…

  4. Plus que quelques heures en 2015, je te souhaites de bonnes fêtes et une au moins aussi bonne route en 2016 ou que tu sois et que tu passes un excellent moment en excellente compagnie. Ride safe
    Bart

  5. je te souhaite une bonne année et une bonne santé, petit homme, que ta route soit bonne et pleine de rencontre agréable a bientôt

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