Restauration de Lasty, DRZ400S Adventure-rally, pt. 2

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Aller, on va continuer de raconter la restauration de Lasty, mon fidèle DRZ400S qui m’accompagnera pour de nouvelles aventures…

En dernier lieu, on avait parlé de la réfection moteur et boîte de vitesses, pis on s’en était arrêté là.

En effet, dans la chronologie des choses, j’ai passé mon été à l’hôpital et une fois à la maison, interdiction d’approcher mon atelier. Qu’est-ce qu’on fait quand on s’ennuie des jours durant à l’hosto, dans une chambre seul, avec un contact avec l’extérieur interdit ? Et bien, on remercie la technologie, smartphones et tablettes, qui permettent d’avoir une fenêtre d’évasion, petite, certes, mais elle permet tout de même d’avoir l’impression de mettre le nez dehors…

Et du coup, les motards me comprendront, je passe mon temps…à regarder des motos sur le net 😀 Oui, les hommes normaux passeront plutôt leur temps à regarder du porno, mais moi, non. Et puis je me prends à rêver et planifier tout ce que je ferai une fois que j’aurai le droit de rentrer à la maison et aller dans mon atelier.

Un projet bien planifié, c’est un projet à moitié fait. Mais en fait, l’autre moitié qu’il reste c’est le plus long. Je regarde sur le net ce que je veux, j’ai besoin (en fait, j’ai besoin de rien, mais j’ai envie de trucs…), établis le budget, commande les pièces nécessaires, et puis j’attends des jours meilleurs.

Et puis un jour, je sors de l’hôpital, et l’envie de faire de la mécanique est plus forte que quelques poussières donc direction l’atelier, un masque sur le nez, pour enfin mettre un peu les mains dans le cambouis !

Reprise des hostilités

La moto étant totalement en pièces, c’est l’occasion de faire repeindre le cadre. Ça sert à rien, ça ne la fera pas rouler plus vite, mais c’est plus joli, et ça, c’est un excellent argument.

Çà, c’est pas le cadre repeint, mais tout le contraire : c’est le cadre à nu, c’est à dire sablé (aucun rapport avec ceux qui se mangent). Avant de pouvoir repeindre, il faut enlever la peinture existante, sauf qu’on ne ponce pas un cadre comme on ponce un volet en bois avant peinture, il faut un traitement spécial, du sable projeté à haute vitesse, pour décaper le bazar. Alors attention pour les possesseurs de DRZ et autres motos dont le cadre sert de réserve d’huile : il faut bien boucher tous les trous pour pas que le sable ne rentre dedans ! Bah oui, car ensuite, si on a du sable dans l’huile, le moteur tout beau tout neuf il ne va pas aimer…J’envoie en peinture le cadre, béquille, protection moteur et bras oscillant.

Bon, pour la petite histoire, le cadre doit recevoir de la peinture époxy, c’est à dire une peinture en poudre qu’on passe au four et qui crée une couche de protection sur le métal. C’est l’idéal pour un cadre de moto car ça évite la rouille, les impacts de gravillons et autres projections de la route. Mais cette peinture est épaisse, et lorsque j’ai fait faire la peinture en Suisse, le peintre n’a pas fait attention aux  numéros de série sur le cadre ! Cette moto étant faite pour voyager, ces numéros sont indispensables pour traverser des frontières. Donc rebelote, on doit faire passer un traitement chimique pour enlever la nouvelle peinture et retrouver un cadre nu, masquer les numéros de cadre cette fois-ci et recommencer. Pour cette opération, j’ai choisi ABC Déco Métal en France (https://www.abdecometal.com/), qui ont l’habitude des cadres de motos et leurs contraintes. C’est pas pratique car il a fallu faire un envoi postal (un énorme carton avec un cadre de moto dedans, normal…) mais au moins, j’ai la garantie du travail à la fin. Merci tout de même à la boite en Suisse qui m’a fait ma 1ère peinture car ils m’ont remboursé sans discuter et avec des excuses. Donc sans rancune aucune.

Et puis un jour, le grand jour : le cadre revient, tout beau…il est temps qu’il retrouve son ami de toujours : le moteur

Oui, les pièces sont dans le salon sur la table basse, et alors ? J’avais déjà refait cette moto dans notre salon à Bordeaux, au 2ème étage, en 2015 (P.-C. s’en souvient encore car il a fallu descendre la moto par l’escalier…), donc là, le salon, rien de choquant…pis c’est pour raison médicale, j’ai normalement pas le droit d’aller dans mon atelier 😀 Mais cette excuse ne suffira pas à Hyon malgré tout…

Enfin je dis trop rien car elle a été sympa, j’ai eu le droit de mettre mes pièces sales dans le lave-vaisselle pour les nettoyer…

Mesdames, si vous êtes célibataires, ne prenez pas un voyageur passionné de mécanique.

Mesdames, si vous êtes avec un voyageur passionné de mécanique, il va falloir faire des concessions…pensez au bonheur de votre conjoint, et comme il sera heureux, il sera encore plus gentil avec vous ! (David, fait lire ça à Sophie…)

Bon, donc, la suite des opérations se passeront tout de même dans l’atelier. Au grand désespoir de Nana qui aimait bien jouer avec le moteur posé sur la table du salon. Pis c’est joli un moteur tout beau tout neuf sur une table, non…?

On présente donc le moteur et le cadre, histoire qu’ils s’apprivoisent de nouveau. Une fois la phase de rencontre passée, boum, on les met l’un dans l’autre.

Et là, on est content car on a fait 80% du travail de remontage. Mais comme le sait tout mécano, le plus long et le plus chiant c’est les 20% restants car c’est bourré de petits détails chronophages et « capilophage », c’est un nouveau mot. Oui, car sur ces 20% restants on s’arrache pas mal les cheveux, mais moi j’ai un avantage, avec les chimios, je n’ai plus de cheveux, donc je ne pourrai pas les arracher.

Bon, quitte à être là, autant avancer sur le remontage…On remet la fourche avant, et le bras oscillant arrière. La fourche avant, on en a parlé dans la 1ère partie de l’article, se compose d’une fourche de DRZ400 SM préparée avec des T alu taillés dans la masse sur-mesure. Pour le bras oscillant arrière, j’ai opté pour un bras de DRZ400 SM aussi (la raison c’est qu’il parait qu’on peut mettre des pneus plus larges avec…), lui aussi a eu le droit à son traitement époxy noir brillant (oui le bling bling c’est important) avec tous les roulements neufs. Etant donné qu’il fallait sortir les roulements pour la peinture, c’est l’occasion de les changer.

Une moto a une seule roue, c’est un mono-roue ?

Et c’est à ce moment-là que le projet prend une autre direction…

Préparation adventure-rally

Adventure-rally, ça fait très marketing comme appellation hein ?

L’idée initiale de la moto c’était bien d’avoir deux motos en une : un Scrambler et une Adventure. J’avais déjà pas mal avancé sur le Scrambler, mais les contre-temps ayant changé la donne, je décide que la version qui doit être finie en premier pour rouler sera la version Adventure.

Je remets donc les éléments d’origine de Lasty pour pouvoir continuer. Je garde le gros réservoir Safari Tank de 17L (quasi 500km avec un plein !), et la boucle arrière. Une moto tout-terrain doit avoir des roues en 18-21 pouces donc je remets les roues qui ont traversé l’Afrique. Les pneus sont pas morts mais ne sont pas tout neufs, par contre les jantes en elles-même mériteraient un coup de neuf…

Remettre la boucle arrière est utile car en fait, mon faisceau électrique a été refait totalement à neuf. Au retour du voyage, j’avais des soucis de coupures électriques et au démontage de la moto, j’ai vu que le faisceau était sectionné et endommagé à plusieurs endroits. J’aime pas trop trop ça, car sur Jungly, ma 4L, j’ai déjà eu mon faisceau électrique qui a brûlé. Deux fois.

Mais comme j’ai envie d’innover un peu, je décide d’un faisceau électrique basé autour d’un M-Unit v2.

Le M-Unit v2 en fait, c’est un peu le cerveau du système électrique. C’est un boitier qui contrôle tous les besoins électriques de la moto. Pas besoin de fusibles, en cas de défaillance, c’est le boitier qui coupe l’alimentation du composant en faute. On simplifie grandement le faisceau par la même occasion.

Etant nul en élec, le nouveau faisceau sera réalisé par Thomas de chez DevMoto. Ça m’évitera de mettre le feu à la moto dès le premier démarrage.

Et puis quitte à partir sur un nouveau faisceau, on tente quelques petites nouveautés aussi :

  • batterie ultra légère et plate UltraBatt
  • Régulateur-rectifieur haute qualité, histoire d’encaisser la nouvelle batterie
  • Boitier CDI DevMoto, avec courbe d’allumage personnalisée
  • Commodos de guidon M-switch 3 boutons, pour aller avec le boitier M-Unit et utiliser tout son potentiel
  • Boitier de gestion électrique M-Unit v2

Bon, tout ça c’est cool, mais du coup il faut trouver où caser tout ce bazar sur la moto…entre le nouveau CDI, la nouvelle batterie, certes plus petite mais qui ne rentre pas dans le bac à batterie d’origine, et le boitier M-Unit…Je découvre donc l’impression 3D pour me faire des pièces et supports sur-mesures !

On commence avec le nouveau CDI. A la place du CDI d’origine, j’ai mis en fait mon boitier M-Unit. C’est joli, ça fait des points lumineux.

Du coup, faut trouver la place pour le CDI. Clairement, là, sous la selle, j’ai pas la place, donc je me décide à le placer sur le flanc droit de la boite à air, avec un support impression 3D maison.

J’utilise SketchUp en ligne (gratuit) pour réaliser le modèle 3D, et puis je passe par Sculpteo pour l’impression 3D. Plutôt content du résultat, c’est pratique de pouvoir faire ça.

Même chose avec le support de batterie. Elle sera à peu près à la même place que d’habitude, mais dans un nouveau support.

Je comprends maintenant pourquoi l’impression 3D peut révolutionner l’industrie et le prototypage ! La limite c’est son imagination en fait…

Comme le moteur a pris quelques centimètres cubes de cylindrée, il faut refroidir un peu mieux tout ça. J’opte donc pour des radiateurs gros volume, ça devrait améliorer le refroidissement. Sauf qu’en fait, bah…trop de modif tue la modif, et mes radiateurs ne passent pas avec mon échappement ou mon réservoir d’essence gros volume…et vu que j’ai pas envie de choisir entre l’un ou l’autre, je décide de virer les nouveaux radiateurs pour rester en origine.

Et enfin, arrive la pièce finale de la préparation rallye. Avant, sur Lasty, j’avais monté un kit Lynx de chez Brittania Composite (Canada). Très pratique car il éclairait bien et protégeait du vent, mais malheureusement ça me rajoutait du poids sur le guidon, ce qui est assez désagréable dans le sable et la boue.

Du coup, à la façon des motos de Rallye-raid, je voulais un carénage protecteur contre les éléments mais qui est fixé sur le cadre, et non pas sur l’ensemble de la fourche avant. Ainsi, ça libère du poids et on gagne en maniabilité. J’opte donc pour un kit Yenkro de chez Jebtech (Nouvelle-Zélande), sauf qu’il ne se fait pas pour DRZ400 avec réservoir Safari Tank de 17L. Il faut donc faire des mesures supplémentaires pour réaliser le kit en sur-mesure (oui, du sur-mesure avec une boite à l’autre bout du monde…). Avant même de prendre la route, Lasty est déjà internationale (le réservoir d’essence lui vient d’Australie…).

Et puis une fois à la maison, y’a plus qu’à monter…

Le kit est basé sur une optique de KTM, avec un ampoule bi-H4 tout à fait classique. Ça permet de pouvoir changer l’ampoule n’importe où car universelle. Précédemment, j’avais du Xénon HD, ça éclaire bien, c’est cool, mais en cas de casse, c’est un peu compliqué à remplacer. De plus, le xénon ne marche pas pour des appels de phare car il a besoin d’un temps de chauffe…un peu chiant en Afrique quand, pour dépasser, celui qui a la priorité c’est celui qui fait des appels de phare en premier…

Le kit est donc fixé sur le cadre (boulonné donc tout est réversible, pour passer en config Scrambler…) et on rajoute par dessus le panneau en fibre qui cache un peu tout ça et protège le pilote contre le vent et la pluie !

On aime ou on n’aime pas le design, l’essentiel pour moi c’est que ça fonctionne et ça remplisse les conditions. Pis moi j’aime bien, alors du reste, je m’en fous.

Bon, maintenant le plus gros est fait, il faut tester la moto, rouler pour fiabiliser, régler le carbu car je suis passé sur un Keihin FCR39MX. Ce carbu est un carbu hautes performances, mais c’est une misère à régler…

Les premières sorties révèlent quelques soucis, ça serait pas drôle sinon. Mais rien de trop grave, que des choses à régler, genre des fuites d’huiles de partout, des fuites de liquides de refroidissement…enfin rien quoi…

Et voilà, grosso modo…bon, ya pleins de trucs évidents qu’on ne raconte pas comme les changements des disques et plaquettes de frein, les durites aviation (avec ça, si elle freine pas cette moto je ne comprends rien), le kit NOS pour avoir une énorme accélération (ah non, peut être pas ça)…Mais bref, Lasty est prête, ou presque, pour sa prochaine grosse aventure ! Tout comme moi, elle se remet en forme petit à petit…

 

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