Hard Defi Tour 2021 : (pas) encore un n-ième récit sur ça…

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Le Hard Defi Tour, ou le HDT pour les intimes…On a déjà pu lire des tonnes d’articles sur cette randonnée bucolique et champêtre en Auvergne, ou voir des tonnes de vidéos faite par des Youtubeurres (qui se pensent) superstars…

Dans l’optique d’écrire du contenu innovant et original, Jmi a donc participé à cette promenade de santé. Mais pour ne pas faire un n-ième récit qui va ressembler à tous les autres, on a voulu tester les choses différemments.

HDT 2021

Déjà, c’est quoi ce truc ? Pour les non-initiés, le Hard Defi Tour est une randonnée moto qui a lieu dans le plus beau pays du monde : l’Auvergne ! Bon, en fait, pour être précis, ça commence (et finit) en Auvergne, mais ça traverse aussi la Corrèze. En fait, la journée se partage entre Puy-de-Dôme (Auvergne), Cantal (Auvergne) et Corrèze (pas Auvergne, mais ils aimeraient bien). D’ailleurs, on le sait tous, le monde se divise en deux, il y a les Auvergnats et ceux qui rêvent de le devenir…

C’est une randonnée dite « trail et maxi-trail », soit le segment moto à la mode : ces moto-SUV qui peuvent faire un peu tout mais qui font surtout de la route. Vous voyez de quoi je parle ? Ces grosses BMW1200GS, motos de vieux, avec les valises et tout le barda comme s’ils partaient en expédition au fin fond de l’Amazonie mais en fait ils vont juste en ville prendre un café…Voilà, c’est une rando faite pour ce genre de moto, mais aussi un peu plus petites, car les Auvergnats ne sont pas sectaires. Tant que y a du pneus pour sortir de la route, on peut y aller quoi.

J’avais dit « plus jamais de course » après la Gibraltar Race, ça tombe bien, là, c’est pas une course 😀

Vous l’avez peut-être remarqué, mais dans Hard Defi Tour, il y a…Hard ! Pour les non germanophones, ça veut dire « dur » en Tchèque. Oui, c’est un petit détail, tout petit, pas évident, mais qui a aussi son importance…Ca paraît peut-être évident dit comme ça, mais pour beaucoup de participants, ils n’avaient pas fait attention à ce détail…

L’équipe

Pour participer à cette épreuve, il faut être en équipe. C’est mieux, ça permet de moins se perdre ou s’entraider. Du coup, on a monté une petite équipe avec les copains de Suisse :

  • Max : le pro. Trialiste depuis 1693 de père en fils et même avant, le levier d’embrayage n’a plus de secret pour lui. On s’est rencontré car un jour il est tombé sur ce site, et il a vu qu’on habitait pas loin l’un de l’autre. Il roule sur une KTM 690 Enduro prépa Rallye (ah, ça rappelle des trucs ça…)
  • Théo : le lâcheur :-p Voyageur à moto, il ne jure que par son DR650 (et aussi un peu sa Ducati 125cc car il est italien quand même). C’est le copain d’une copine qui s’avère aussi connaitre un copain en commun (Max, voir le point précédent), bref le monde est petit. Finalement, Théo ne viendra pas, pour des sombres histoires de mariage et tout ça, mais on sait tous que c’est une excuse, il avait juste peur que son DR650 ne soit pas à la hauteur
  • Ludo : le remplaçant. Il a pris la place de Théo. En fait, à la base, c’est Ludo qui voulait participer à une épreuve, qui m’en avait parlé, pis je me suis emballé, j’ai monté le truc mais quand Ludo devait s’inscrire il n’y avait plus de place. Grace à la faiblesse du DR650, il a donc pu avoir une place. Initialement en Tiger800 (une super moto, mais un tank quand même), il a changé pour une pure enduro KTM 400
  • Jmi : moi. Je ne me présente pas plus, ya 10 ans de blog à lire où on parle de moi. Mais je participe au HDT avec Rally, ma KTM 690 Enduro préparée Rallye puis dé-préparée, mais ça c’est une autre histoire
A gauche, Ludo et à droite Max. Théo n’a pa sle droit à sa photo, il était pas là :-p

Voilà, donc avec ça, on a une belle équipe, les RollingSwiss, bien équilibrée, qui se connait par coeur et tout ça. Non, en fait pas du tout, on est 2 gros nazes et un pro, on n’a jamais roulé ensemble tous les trois.

Weekend HDT

Vendredi

Cette année le HDT avait lieu durant le weekend du 12-13 juin. Il existe deux formules pour participer : Classic ou Extrem. On a choisi le mode Lopette, donc la Classic, soit le roulage juste un jour le samedi, 360km. Non pas que rouler les deux jours nous faisait peur (en fait si, énormément), mais on a choisi avec la bourse (le portefeuille hein) : c’était moins cher de faire juste un jour 😀 Parce qu’à la base, on avait regardé d’autres épreuves avec Théo mais ça dépassait son budget, puis je suis tombé sur le HDT qui était le moins cher donc on a pris ça. Pis finalement Théo n’est pas venu.

Même si le roulage ne commence que le samedi, il faut arriver le vendredi pour 13h. Avec 5h de route, sortez vos calculettes, il faut partir à 7h. Bah oui, il faut prévoir des pauses et bouchons (je n’ai plus besoin de prendre en compte les pannes, je ne suis plus en Defender…). Enfin nous, avec Nana, on part à 7h, Max et Ludo partiront à 5h30. Je pars avec Nana, non pas qu’elle va participer, mais Hyon elle doit rester bosser donc ne peut pas s’occuper de Nana. Du coup, on charge Baly avec la moto et Nana et on file. Oui, évidemment on ne part pas par la route à moto car c’est un peu limite de la légalité une gamine de 4 ans sur une moto sur autoroute sur 500km…on le fait que sur courtes distances.

En route, je me souviens pourquoi on a choisi un véhicule moderne pour remplacer Teddy : alors que je file tranquillement sur l’autoroute, je rattrape mes compères partis plus tôt que moi, et je les dépasse. Sur autoroute, Max doit y aller mollo avec son Classe G car ça boit pas mal ces trucs-là. Pis sa moto est en équilibre sur un porte-moto, faudrait pas qu’elle tombe.

J’abandonnerai Nana sur une sortie d’autoroute avec une gourde, un paquet de biscuit et son vélo pour ne la récupérer que le dimanche.

Je rassure tout le monde (pour pas qu’on nous envoie les services sociaux, Papa&Maman Jmi sont venus récupérer Nana sur le bord de la route hein).

Pis j’arrive au camping-paddock en même temps que Max et Ludo et on s’installe : première chose à faire, mettre en place notre camps de base et faire un peu de mécanique (j’ai reçu mes dernières pièces le matin donc faut les monter).

Un emplacement, 3 voitures et 3 motos. On a même la place pour mettre une tonnelle pour s’abriter du soleil car ça tape et il fait SUPER chaud ! Comme on est arrivé en avance, on a le temps de se poser, prendre une limonade fraîche (car l’abus d’alcool et dangereux pour la santé) et manger équilibré un bon petit plat de légumes (ok, en fait c’était chips et saucisson, la nourriture des mecs venus sans leur copine…).

Il est temps d’aller faire les vérifications techniques des motos pour les mettre au parc fermé. En fait, c’est une vérif administrative, où on vérifie la carte grise de la moto, le permis de conduire, et on prend sa balise (contre une caution de 200€, mais cette fois-ci, contrairement à la Gibraltar Race, on a été prévenu et on a tous ce qu’il faut, pas besoin de courrir chercher un distributeur d’euros dans un pays qui n’utilise pas les euros…).

Pis on installe les motos sur le parc fermé qui n’est pas vraiment fermé en fait. Cette année, il y a 325 participants donc ça déborde un peu de partout les motos.

A gauche, Rally sans son kit rallye, à sa droite la moto de Max avec son kit rally, pis l’enduro de Ludo et tout à droite un autre Suisse, du journal Actumoto.ch avec une CRF300Rally en test.

Les corvées du jour faites, on peut retourner prendre une limonade, faire le tour, rencontrer du monde et papoter…

Etonnamment, quelqu’un me croise et me dit « c’est toi qui a fait la Gibraltar Race hein ? ». Comment on arrive à me reconnaître alors qu’on met peu de photo de nous ici ? Bon, il me dira qu’un tout ptit gars métisse sur une moto trop grande, il en connait pas beaucoup. Ok, j’avoue…mais je sais pas trop comment prendre la remarque 😀

Comme on le disait, il y a 325 participants cette année, c’est beaucoup. Et donc, beaucoup de moto, des belles motos (KTM450RFR) comme des motos plus simple (Freewind scotchée de partout). Les gens viennent d’un peu partout en France et d’Europe : il y a quelques hollandais, des belges mais je crois que le plus gros contingent c’est les suisses, on voit des plaques suisses partout ! Logique, en Suisse on ne peut pas rouler en tout-terrain, donc dès qu’on peut, on va sur les événements en France ou en Italie.

La journée se finit par un repas-concert. Alors là, je vous renvoie sur la photo de la présentation de l’équipe car le repas était copieux ! Plâtrée d’aligot avec du jambon cuit…moi qui n’ai rien mange ce midi (à part des chips), je suis repu ! Et chose incroyable, faire un repas en extérieur, avec autant de monde, un concert…c’est juste dingue car avec le coronavirus, ça fait longtemps qu’on ne peut plus vivre ça ! On a tous un peu oublié les masques (pis de toute façon on mange…), on pense pas du tout à ça car on est tous là pour partager une passion commune : se casser la gueule à moto dans de la boue !

La soirée ne se terminera pas tard. La plupart des gens sont tous raisonnables et on va tous se coucher, car demain, on sait que ça va être une grosse, longue mais belle journée.

La météo annonce du beau, ce qui est rare pour la HDT, et même du chaud.

Samedi

Notre petit-dej est prévu à 7.40h pour un départ à 8.40h, ça laisse du temps. Sauf que dès 6h du mat, ça commence à s’agiter dans le camping, et dormir dans le toit relevable de Baly, c’est comme dormir dans une tente : aucune isolation phonique. En plus, j’ai pas super bien dormi car le pollen me joue des tours.

Dès 7h, les premiers départs, donc on entend les premiers moteurs. A 200m du départ, il y a la fameuse montée, LA montée qui te dit si tu vas passer une bonne ou une mauvaise journée. Si tu peux la grimper, tu pourras faire (voire finir) le HDT, si tu grimpes pas, la journée va être longue…Du coup, depuis le camping, on entend les moteurs hurler dans cette montée…faut se lever quoi.

On va voir un peu les départs : ça enchaîne toute les minutes (c’est court), les Youtubeurres font voler leur drône et s’assurent que quelqu’un les filme bien pour leur départ (en fait, on se demande ce qui est le plus important : rouler ou faire des images pour leurs réseaux sociaux ?), James, l’organisateur, s’époumonne à dire « coupez vos moteurs ! ».

Bien qu’il ait fait beau la veille, le matin est frisquet, et la rosée s’est déposée sur les motos : nombres d’entres elles ne démarreront pas. Entre l’humidité dans les carbu des vieux tromblons, ceux qui ont oublié de couper la charge de leur GPS et donc batterie morte et ceux qui n’arrivent pas à kicker…c’est festival départ raté ! Un participant en KTM790Adventure ne démarre pas, Max lui dit de venir vers notre campement pour trouver le souci : il a perdu l’aimant qui permet de détecter que la béquille est levée (en plus d’une batterie à plat). Alors qu’on se prépare, on se change, on aide ce pauvre participant a démarré puis scotcher un aimant pour que la moto ne coupe pas dès qu’il passe la 1ère. On n’est pas en avance, on est appelé au départ, je vais avancer ma moto et dire qu’on arrive. Pis finalement, on partira juste à temps. La journée va être longue, on part tard, dans les derniers, faut pas perdre de temps, il y a le couvre-feu à 23h !

200m plus tard, la grosse montée. Bon, à part qu’il faut voir l’entrée du chemin complètement en angle, pas de difficulté particulière. On attaque ça tranquillement, Max en tête comme un fou. Pis d’un coup, ça freine : mince j’ai pas prévu de m’arrêter, et mes jambes trop courtes ne trouvent pas de sol où poser un pied, je saute de la moto et je la pose délicatement au sol. Vaut mieux ça que tenter de la retenir et de se blesser. Et voilà que les bouchons commencent…

Comme dit plus haut, dans Hard Defi Tour, il y a HARD. Pour certains participants, c’était leur première rando tout-terrain. Ils auraient peut-être pu choisir quelque chose de plus SOFT pour commencer. Et donc, le plus long, c’est pas la grimpette, mais d’attendre que ceux de devant se décident à passer, tentent de passer, tombent, re-tentent, etc.

Max qui maitrise son truc se permet de passer devant, j’ose pas car si je me fous au tas, non seulement je passe pour un con mais je dérange encore plus. Bref, il nous faudra peut-être 45 min voire 1h pour cette montée, qui doit mettre 10 ou 15 min s’il n’y a personne, en prenant son temps. Cette année, c’est sec, donc la montée n’est pas si terrible. Ce qui la rend dure finalemenet, c’est de se relancer car on perd son élan, et on perd aussi BEAUCOUP de temps à attendre.

On se retrouve en haut, Max fume sa clope en attendant, pis on reprend la route, du coup, en gros convoi car on a retrouvé pas mal de monde dans les bouchons. Viennent ensuite les pistes poussiéreuses, et vu le nombre qu’on est c’est super chiant car on bouffe pleins de poussières. Le roulage se fait bien, pas embêté par la navigation, vu le nombre qu’on est suffit de suivre la troupe. Pas de difficulté particulière.

Pis on perd Max, qui est quelque part devant, dans la masse. A la sortie d’une piste, je vois Ludo à l’arrêt, il me dit qu’il a un souci, la moto ne prend pas ses tours. Il y a un bout de piste juste après, avec une montée, on se dit qu’on va tester ça et voir après. Je passe devant lui, j’attaque la piste et la montée. Arrivé en haut, je regarde mon rétro, il a suivi, c’est bon, son souci doit être passé. J’allume mon téléphone pour faire la navigation et c’est parti. Je suis en tête donc faut rouler et naviguer et je déteste ça. Les pistes sont faciles, donc on allume un peu pour tenter de remonter un peu les gens et retrouver Max devant.

En piste caillouteuse-galet, je vois qu’il faut faire une épingle à gauche bientôt. Je me prépare. Intersection, je baisse les yeux sur mon GPS : mince c’est là qu’il faut tourner, mince je relève les yeux trop tard je pars tout droit dans le ravin. J’opte donc pour un freinage de l’arrière pour lancer le virage avec l’arrière de la moto, et le couchage de la moto sur le flanc gauche histoire de la ramasser ici plutot qu’au fond du ravin. Et du coup derrière moi, ça freine aussi et ça se casse la gueule aussi, bah oui j’ai pas eu le temps de mettre mon cligno pr dire qu’il faut tourner. Et en fait, je me rends compte que derrière moi, c’était pas Ludo, mais une autre moto ! Mince, je sais pas où il est. Je relève la moto, je la cale sur un ptit rocher, et j’attend un peu pour voir s’il arrive. Personne au bout de plusieurs minutes, donc je reprend la route, on verra bien. Je roule en solo du coup, je rattrape quelques participants, mais pas Max.

Après une portion routière, pis un détour en forêt, je retrouve Max posé sur la glissière de sécurité avec vue sur le village en contrbas, qui fume sa clope. Bon, il s’est arrêté sur un endroit tout pourri : grosse descente en épingle avec gravier. Je freine tant bien que mal, et je met la moto sur béquille là, pas la peine de chercher à faire un chouette créneau, c’est le coup à passer par dessus la glissière de sécurité. Il m’attend depuis 20 minutes. Je lui dis que j’ai perdu Ludo il avait des soucis mécas. On l’appelle et il nous dit qu’il rentre au camping, il ne peut plus rouler. Mince. Aller, nous on reprend. Max roule fort, enfin Max quoi. Je le suis, de loin 😀 Je ne veux pas rouler au dessus de mes moyens pour ne pas aller à la faute et avoir un accident. Puis je le perds en forêt, il y a pas mal de petits chemins, je pense que j’ai pas pris le bon, et mon GPS est un peu paumé. Dans mon paumage, j’ai embarqué un motard qui me suivait.

Au détour d’un chemin, je croise 2 motards qui font des selfies et/ou ramasse des champignons, je sais pas trop. Je fais demi-tour, car ils sont en sens inverse et me disent que c’est pas la bonne piste. L’un deux me reconnaît, c’est Dorian d’un forum de KTM690 (aucune idée comment il a pu me reconnaître avec un casque sur la tronche et une moto qui ne ressemble pas du tout à celle qui est sur ce site…). Du coup, on reprend la route ensemble. Ils ont un bon rythme, qui me convient bien. Dorian roule comme en supermot’ : il sort le pied dans chaque virage 😀 Je prends énormément de plaisir sur les pistes : pas (trop) de boue, ça glisse comme il faut, c’est roulant…c’est de la piste que j’aime, de la piste comme j’ai pu en faire en Auvergne chez mes parents les derniers mois.

Après une liaison routière, on rentre sur une piste, on fait un peu les idiots, pis là…

…là d’un coup, ma moto se coupe ! Je tire le levier d’embrayage pour pas que ma roue arrière se bloque d’un coup, je presse le bouton pour démarrer mais rien. Je me mets sur le bas côté.

Plus rien : compteur coupé, feu coupé. Je tourne la clé, il ne se passe rien. Je pense alors au classique sur KTM 690 Enduro : le capteur de béquille qui a un souci, un peu comme le motard ce matin qu’on a aidé. J’ai dans mon sac à dos le petit shunt pour ça, je suis donc le fil depuis la béquille, je trouve la cosse électrique, je met le shunt en place et je tente de démarrer. Rien. Je regarde donc ma boite à fusible. Ah bah voilà, trouvé, un fusible de pété. Bon, en soit, c’est rien, j’ai des fusibles de rechange, mais…avant de changer le fusible il faut savoir pourquoi il a pété ? Car sinon ça va recommencer. Dans le doute, je le change quand même, je démarre, je fais 2m et ça coupe de nouveau. Ok, donc il y a bien un faux contact quelque part, c’est pas juste le fusible qui a lâché car il était fatigué et voulait faire une sieste éternelle.

Je regarde sur le manuel utilisateur : fusible 1 : tableau de bord et allumage (enfin en anglais, dashboard and ignition car mon doc est en anglais). Du coup, je me pose la question, c’est quoi ignition/allumage ? C’est la clé de contact ou c’est le circuit d’allumage (bobine HT, bougie…) ? Je me dis que d’avoir le document en français aurait peut-être été utile…

On s’attaque au plus facile : le tableau de bord, un grand mot pour désigner le compteur quoi. Je retire ma plaque phare, je regarde les fils derrières, ils ont tous l’air OK, y compris ceux du compteur. Je le débranche tout de même, je change mon fusible, je mets le contact pour démarrer, ça démarre ! Je referme le tout, je me ré-équipe (bah oui, je suis tombé en panne en plein soleil, forcément), première et roule ! Pour 2m encore, ça recoupe…

Bon, ok, donc c’est pas le compteur, c’est donc l’allumage. Mais lequel ? Je ne peux que contrôler visuellement la bobine et son fil HT vers la bougie, c’est pas coupé. J’enlève la selle, mais je ne peux pas regarder du coté du neiman car j’ai mon réservoir d’essence additionel plein que je ne peux pas virer comme ça (ou alors faudrait que je jette l’essence par terre en pleine nature…). Je vire les caches plastiques autour du neiman pour voir les fils…je ne vois rien de suspect : c’est branché, ça a pas l’air coupé. Bon, ok, là, je sèche.

Les pannes électriques c’est un peu le pire truc qu’on puisse faire comme panne car c’est vraiment très ingrat. Tous les mécano auto ou moto me comprendront. On peut passer des heures ou des semaines à trouver la panne, car ça peut être un petit fil qui a cassé quelque part où on ne le voit pas. Autant on flingue un embrayage, on sait quoi faire, ça prend 30 min, ou un autre souci méca, c’est clair. Mais là…

Des motards qui passent s’arrêtent pour voir si tout va bien, je leur dis que oui, hélas ils ne peuvent pas m’aider, même si en fait ça va pas du tout car je peux pas rouler. Je me résigne à appeler l’orga, je dois abandonner : même si par miracle je trouve le souci, à part la trousse à outil KTM, je n’ai rien d’autre avec moi pour réparer une panne élec.

Le souci c’est que je suis en plein milieu d’une piste, un endroit où le camion d’assistance ne pourra pas me chercher. Donc avant d’appeler l’orga, je me dis que je vais pousser la moto jusqu’à la route, j’ai dû faire 2km sur cette piste, ça va le faire. Sauf qu’en fait, les 2km que j’avais fait ils étaient en faux-plat descendant, donc là, je dois pousser la moto en montée ! Heureusement, Rally est pas trop lourde, mais quand même, après de longues minutes à pousser en plein soleil, ça fatigue ! Je déclenche le SOS méca sur ma balise, l’orga me passe un coup de fil quelques minutes plus tard et je leur explique que c’est fini pour moi.

Je dois attendre le camion d’assistance. Une scène que je connais bien, je l’ai vécu 2 fois durant la Gibraltar : une fois j’avais crevé à l’avant, l’autre fois ma partenaire de route avait pétée son carter d’embrayage. Il faut donc attendre que toutes les motos passent pour que le camion d’assistance qui ferme la course puisse me prendre. Alors j’attends, mais je me mets à l’ombre.

Je suis en face d’une ferme, une dame sort pour venir me parler, très gentille. Elle a une bière fraîche en plus ! La petite attention qui fait plaisir par ce temps ! On discute de cette rando moto, de moto en général, car elle est aussi passionée de moto et co-organise une rando dans le coin en octobre ! Son mari et son fils nous rejoignent, on discute encore, vraiment très sympa. Leur métier d’agriculteur, la région…bref, manquerait juste une table basse et des cacahuèttes et on aurait pu se croire à l’apéro.

Et puis le camion d’assistance arrive…on charge la moto, un peu triste et déçu.

L’assistance de la HDT

Rally est chargée et sanglée. J’ai pas dû faire plus de 90km sur la journée, mes pneus sont encore tout neufs, j’ai encore mes pleins d’essence, bref c’est un échec.

Le camion d’assistance suit la course, derrière les derniers participants. Je suivrai donc la rando depuis la fin du peloton, car on ne rentre pas au camping tant que le camion n’est pas plein. Il faut 3 motos et je suis le premier.

Je rencontre donc Hervé, dit Loulou, et sa fille qui a 14 ans. Lui conduit le camion, et elle fait un peu la navigation pour guider son père. Rapidement, on se met à discuter, ils sont vraiment très sympas !

Je vois un père et sa fille, très complices, et je m’imagine être pareil dans 10 ans avec Nana. Loulou me parle de sa vie, ce qu’il fait, et ça me touche. C’est un père de famille, qui a plusieurs jobs pour pouvoir faire vivre sa famille, pour pouvoir aider ses enfants dans leur avenir, leurs projets. Malgré tout ses boulots, il est là ce weekend pour aider ses copains, les organisateurs de la HDT, et des motards inconnus qui sont venus jouer dans le coin.

On vient de milieux très différents, avec des vies très différentes, mais on a le même objectif : pouvoir offrir un bel avenir à nos enfants. Et en fait, on nous l’avait souvent dit, mais la valeur la plus universelle dans le monde, c’est la famille. Qu’on soit au fin fond du Kazakhstan ou qu’on soit au fin fond de l’Auvergne, c’est universel.

Je passe en fait une excellente journée, je me prends au jeu avec eux de naviguer et suivre la course pour être au plus près des participants, pour être prêt à intervenir.

Au CheckPoint 1, le repas de midi est servi. Je retrouve Max, en fin de repas, et je lui explique que la course est finie pour moi. Il reprend la route, il est maintenant le seul représentant de notre équipe de bras cassés 😀 Je mange avec les Marshalls, ceux qui ferment le convoi de la HDT, en dernier. Ils roulent avec un participant qui vient de Genève, qui a échangé sa grosse moto contre une petite moto d’enduro d’un des Marshall. C’est sa première épreuves tout-terrain, il est rincé, et il n’a fait qu’un tiers de la course. Je les vois repartir, je me dis qu’on va le retrouver bientôt.

Et en effet, après avoir repris la route dans le camion d’assistance, après avoir longé la Dordogne, un appel du PC de course : il faut aller chercher un motard. Je reconnais son nom, c’est le genevois vu précédemment.

On sera donc maintenant deux motos dans le camion.

On roule dans des paysages magnifiques, au moins, je peux un peu profiter de la vue…

Finalement, je ne vois pas passer la journée, je passe un très bon moment. C’est pas l’aventure que je suis venu vivre, c’est une aventure plus humaine, un très belle rencontre. Finalement, c’est peut-être ça l’essentiel, vivre une aventure quelle qu’elle soit ? Ludo lui est rentré au camping, il a fait ses affaires et il est parti. J’aime bien passer ma journée avec l’assistance, déjà on a moins l’impression d’avoir jeté de l’argent par la fenêtre et ensuite je passe une bonne journée !

Et puis la journée avance et coup de fil du PC de course : il faut aller chercher une moto. J’avoue être un peu déçu, ça veut dire qu’avec cette 3ème moto, on va retourner au camping donc ça annonce la fin de journée. On va le chercher, on décharge toutes les motos pour réorganiser le camion. Autant ma moto est petite, autant les deux autres sont des gros trails : KTM 1090 Adventure et KTM 950 Adventure. Oui, le camion n’est rempli que de KTM. Bon, on va pas dire que c’est pas fiables comme moto, c’est surtout que KTM est très représenté comme marque parmi les participants donc forcément…Les autres motos ont leur jante avant explosées.

Assistance KTM

Et puis direction le camping, il y en a pour 1.30h quand même. L’euphorie retombe, et la fatigue s’installe, je somnole jusqu’au camping. Depuis le CP4 où on a récupéré la dernière moto, tous les participants doivent maintenant rentrer par la route, pour arriver avant le couvre-feu. Donc on croise pleins de motards.

On arrive vers les 20h je crois, on fait une petite photo de notre équipe du jour et on décharge les motos.

Fatigué, un peu déçu de ne pas avoir roulé mais content d’avoir rencontré Loulou et sa fille, je ramène Rally vers Baly. En poussant, évidemment.

Je me pose un peu, je repense à cette journée : c’était quand même assez dingue !

Cette moto que j’utilise comme moto du quotidien, que la veille encore je roulais pour aller faire quelques courses…elle me fait le coup de la panne maintenant. Pas de panne bloquante durant les 3 semaines de mon aventure Gibraltar Race, et sur un weekend, même pire, sur un jour, au bout de quelques heures la panne.

Peut-être que c’était fait exprès, pour que je vive autre chose que du roulage ? On ne le saura pas, mais je n’ai pas perdu ma journée ni mon temps je trouve.

Depuis des mois que j’attendais ce weekend, qu’on s’était (un peu) préparé, voilà, le weekend est passé. Une bonne nuit de sommeil ce soir car malgré tout, je suis fatigué.

Je me coucherai un peu plus tard que prévu, car Max arrive un peu avant 22h. On débrief les journées, on va manger, petite bière et rosé…

Il s’est éclaté sur la journée, il a trouvé quelqu’un avec qui rouler, ils ont pu rouler fort, très fort, et se faire plaisir. Il est motivé pour revenir l’an prochain !

Ce qui est sûr, c’est que je ne peux pas rester sur un échec, donc l’an prochain, je remets ça aussi ! J’ai promis à Loulou qu’on se reverra, mais pas dans le camion, le soir autour d’un verre, donc en 2022 je réserve ce weekend et je reviens !

En tout cas, un énorme merci à Hervé et sa fille, qui ont été géniaux sur cette journée. Sans eux, j’aurai pas passé un aussi bon moment. Le HDT c’est pas juste une rando, c’est toute une équipe derrière, des bénévoles, des passionés…un grand merci à tous !

Hervé, dit Loulou, et sa fille

2 thoughts on “Hard Defi Tour 2021 : (pas) encore un n-ième récit sur ça…

  1. Peut être que c’était l’occasion pour toi de découvrir l’organisation et l’assistance et de te lancer dans une nouvelle forme d’aventures….

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